Publié par Palilia

LA BESACE DE Jean DE LA FONTAINE

Bonne nuit à tous ; il est 1h44 : en cette nuit blanche d'avant le soir libérateur de mes congés et parce qu'il est advenu que j'assiste à nouveau à une conversation qui ressemblait à cette fable, je la remets ici . 

 

C’est ma fable préférée de LA FONTAINE que j’aurais bien aimé entendre réciter par notre ami Claude GIRAUD. On ne peut pas refaire l’histoire, donc je me contente de l’écrire, elle est pleine d’enseignements de vérité sur la façon dont on perçoit les autres.

 

En guise de frise du jour, Claude GIRAUD dans CINNA : ce sera la photo de mon calendrier de bureau de tout le mois de mars (en janvier c’était dans l’émission de Jean-Claude BRIALY, en février dans Angélique Marquise des Anges).

LA BESACE de Jean DE LA FONTAINE :

Jupiter dit un jour : "Que tout ce qui respire s'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur : si dans son composé quelqu’un trouve à redire, il peut le déclarer sans peur… je mettrai remède à la chose. Venez, Singe, parlez le premier, et pour cause…. Voyez ces animaux… faites comparaison de leurs beautés avec les vôtres. Etes-vous satisfait ? »

 

« Moi ? Dit-il… pourquoi non ? n’ai-je pas quatre pieds aussi bien que les autres ? Mon portrait jusqu’ici ne m’a rien reproché.. mais… pour mon frère l’Ours, on ne l’a qu’ébauché : jamais, s’il me veut croire, il ne se fera peindre... »

 

L’Ours venant là-dessus, on crut qu’il s’allait plaindre. Tant s’en faut, de sa forme il se loua très fort, glosa sur l’éléphant, dit qu’on pourrait encor, ajouter à ses yeux, ôter à ses oreilles, que c’était une masse informe et sans beauté.

 

L’Elephant étant écouté, tout sage qu’il était, dit des choses pareilles. Il jugea qu’à son appétit, Dame Baleine était trop grosse.

 

Dame Fourmi trouva le Ciron trop petit, se croyant pour elle un colosse.

 

Jupin les renvoya s'étant censurés tous… du reste, contents d'eux : mais parmi les plus fous, notre espèce excella…

Car tout ce que nous sommes, lynx envers nos pareils et taupes envers nous, nous nous pardonnons tout et rien aux autres hommes : on se voit d’un autre œil qu’on ne voit son prochain.

 

Le Fabricateur souverain nous créa Besaciers tous de même manière, tant ceux du temps passé que du temps d’aujourd’hui : il fit pour nos défauts la poche de derrière, et celle de devant pour les défauts d’autrui. »

 

Et c’est vrai en plus, du moins pour moi. Bonne soirée à tous.

 

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sylvie 28/07/2017 09:23

Bonjour, oh 1h44 du matin, se remémorer cette fable, bravo. Je ne la connaissais pas.

Velofan 28/02/2017 21:31

Merci pour cette récitation. Je ne connaissais pas. Et merci pour Cinna. Bonne soirée à toutes et tous.

Fanfanette 28/02/2017 13:49

Je l'avais apprise en 5ème. Je me souvenais très bien de la morale mais j'aurais été incapable de réciter un seul mot. Bravo pour ta mémoire.

palilia 28/02/2017 14:28

Oh tu sais je ne me souviens que du corbeau et du renard et de celle-ci

Marie 27/02/2017 19:49

Une bien belle fable ! Je ne la connaissais pas… Merci Palilia.