Publié par Palilia

ça n'a rien à voir avec l'article, c'était juste pour mettre une photo de Claude GIRAUD

ça n'a rien à voir avec l'article, c'était juste pour mettre une photo de Claude GIRAUD

Vent de panique aujourd’hui en Surdilandie : les souris ont attaqué le fromage de brebis d’Amédée qui avait laissé la porte de son placard entrebâillée (depuis le temps qu’on lui dit de fermer les portes à celui-là) et le pauvre Gontran a cassé son dentier… PAF ! Comme ça, juste en croquant son pain dont la croûte était, il est vrai, un peu dure.

 

Que c’est triste de vieillir. Pour le coup l’âge n’avait rien à voir là-dedans puisqu’il s’agissait de négligence pour l’un et d’imprudence pour l’autre, d’autant que le dentiste lui avait dit qu’il faudrait y revenir et qu’il n’en avait pas tenu compte.

 

Amédée et Gontran n’aiment pas le téléphone.. ils sont un peu comme moi… alors plutôt que d’appeler, le second est allé geindre chez le premier. En règle générale, c’est Adhémar qui leur prend toujours les rendes-vous, mais Gontran s’est engueulé avec lui hier soir parce que l’autre lui reprochait d’avoir laissé tomber du fumier juste devant sa maison, avec sa carriole tirée par ses ânes. Et c’était vrai…

 

Gontran racontait tout ça à Amédée et tandis que ce dernier se préparait, ils devisaient comme deux concierges.. Tè ! Dans dix jours c’est Noël : si on en profitait pour passer au marché ? Ils annoncent de la neige, il vaudrait mieux qu’on soit bien outillés : dans la liste des commissions, le vin venait en premier…

 

Adhémar, bon voisin somme toute, engoncé dans sa gabardine, l’écharpe remontée jusqu’en haut de son nez, le chapeau bien planté sur la tête, klaxonna devant la maison pour amener nos deux compères au village, non sans avoir au préalable jeté une pique à Gontran « tu te souviens que j’ai une dent contre toi ? » au sujet du fumier alors que Gontran, fulminant, râlait.. « tu parles, un dent, un dentier oui ! »

 

Le dentiste le prit en urgence, on recolla les morceaux, on parla de reprendre des empreintes (mention spéciale pour tous ceux qui passèrent chez le dentiste beaucoup de temps, je suis très compatissante sur ce sujet) et on alla au marché.

 

Ah, les chants de Noël, l’odeur incomparable des vrais sapins qu’on place au dernier moment chez soi, les boules de gui décorées d’un ruban, le café du coin de la place où tout le monde se réfugie pour aller boire un coup et ils sont heureux nos deux acolytes, comme ils l’ont rarement été depuis le début de l’année. Ils se racontent leurs souvenirs d’enfance, l’orange (célèbre celle-là, elle est même universelle) au pied du soulier ciré, les saucisses qu’on faisait griller sur une plaque au-dessus du foyer, la fumée quand il faisait du vent, les chats qui ronronnaient à quelques mètres de là.

 

Les chats : point de chat chez Amédée et c’est là que le bât blesse. Il demanda à Adhémar de lui trouver des pièges dans sa quincaillerie, qui soient bien efficaces parce qu’avec ceux de l’an passé, il pouvait toujours tutter tè ! Ça ne marchait pas : elles mangeaient le fromage, tout sautait et hop ! l’estomac bien plein elles fichaient le camp dans le placard… quand elles n’en grignotaient pas le bois pour faire un trou.

 

Juste à côté de la quincaillerie, le magasin de Désirée Machantalimounade, la marchande de journaux. Oui, Désirée qu’elle s’appelle : bien en chair, poitrine opulente, souliers Damart, collants épais et foncés, menton piquant et langue acérée à vous détruire tout ce qui est beau pour le transformer en fiel.

 

Ni l’un ni l’autre ne pouvaient la sentir, mais il leur fallait bien acheter le journal. Au bout d’un échange culturel particulièrement acide, ils repartirent avec la République de Surdilandie.

 

Ils otèrent leur béret, s’essuyèrent le front après l’effort d’amabilité qu’ils pensaient avoir consenti quand ils virent tout à coup une scène pour le moins intéressante.

 

Amédée : ouhhhh !!! et t’as vu ce que je vois ? Là-bas devant le bijoutier

 

Gontran : mais… c’est Perrette et Adhémar ! Et tu crois que ? Non !!!!!!!!!!

 

Amédée : ouh pucrain ! Un mariage pour le printemps, regarde comme ils ont les joues roses et comme elle se trémousse cette bécasse.

 

Gontran : hé bé, du coup on est pas prêts de rentrer. Allez, on va boire un coup au café en attendant qu’il revienne nous chercher et on le cuisinera.

 

Une heure plus tard, Adhémar les attendait de pied ferme devant sa voiture, tout seul : et durant tout le trajet du retour, il y eut force piques et égrillarderies, mais rien n’y fit : notre Adhémar ne pipa mot ni ne donna suite. Car il avait un autre secret : il avait demandé à Perrette quel cadeau il pourrait acheter à nos deux vieux car il n’avait pas d’idée. Elle lui conseilla une nouvelle pendule pour l’un et une nouvelle montre pour l’autre. Adhémar avait trouvé l’idée excellente car il en avait marre de toujours les attendre et il avait le feu aux joues à force de les avoir attendus dans le froid.

 

Il avait dans son panier une boule de gui qu’il avait cachée dans son panier et qu’il comptait suspendre à l’entrée de la maison d’Amédée qui les recevait tous pour la veillée de Noël afin d’y attraper Perrette… et il avait repéré un collier et un bague mais…. (la suite au prochain épisode).

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