Publié par Palilia

Bonsoir à tous : bienvenue au pays de Surdilandie, là où nous vieux amis sont facétieux et nous font oublier nos soucis.

Dans le pays Surdilande il a beaucoup plu cette année : les arbres sont encore bien verts et les boules de foin s'entassent dans les granges. On dit même qu'un élan de solidarité s'est créé pour aider les plus défavorisés dont les troupeaux n'ont plus rien à ruminer. C'est un pays où l'on a du coeur. Adhémar et Perrette ont eu des jumeaux, Clovis et Aignan et il se dit que Perrette a fait de fréquents allers-retours vers le village, le médecin et la pharmacie ces temps derniers...  y aurait-il du nouveau alors que le soleil tape sur la tête de nos petits vieux qui n'en peuvent plus ?

 

Il fait une chaleur à péter... une chaleur lourde, moite, de celle qui vous laisse les pierres humides au sol sans même avoir passé la serpillière. Gontran est costaud et il souffre beaucoup de cette chaleur.

 

Les voilà assis côte à côte sur le banc de pierre sous le châtaignier non loin de la maison d'Amédée : ils s'étaient d'abord abrités sous le figuier mais ils en furent délogés par les abeilles qui chaque année viennent y chercher leur butin de sucreries.

 

Les pieds dans une bassine avec des glaçons, une petite serviette sur les genoux, Gontran marmonne..

 

Gontran : pét dé périgle !  voilà l'autre vieille emmerdeuse !

 

Amédée se penche en avant et voit arriver, soufflant commun phoque, Désirée promenant son caniche hargneux, une ombrelle à la main, le visage aussi rouge et congestionné qu'un derrière de singe.

 

Amédée : hé Désirée ! mais tu es folle de te promener par ces chaleurs ! tu vas nous claquer dans les doigts...

 

Désirée : c'est pas que j'avais envie de vous voir mais je m'arrête "pasque" j'ai le coeur qui bat très vite et la tête qui tourne

Amédée : t'as qu'à venir t'asseoir !

Il est bien gentil Amédée tout d'un coup, lui qui la compara un instant avant à peine à la grenouille qui se voulait aussi grosse que le boeuf, mais il a peur qu'elle lui claque devant. Avisant ses jambes, il lui dit :

 

Amédée :et en plus, t'as mis des collants ? mais tu es folle ?

 

Désirée :    c'est des chaussettes de contention imbécile ! je fais de l'oedème.. d'ailleurs tu devrais en mettre aussi Gontran, ça te ferait plus de bien que tes glaçons !

 

Gontran : j'aurais trop peur de te ressembler. J'ai pas des poteaux comme toi quand même

 

Là-dessus, Adhémar vint faire un tour pour s'assurer que "le troisième âge" s'hydratait convenablement. Pour ça, ils s'hydrataient oui.. une carafe d'eau/une bouteille de vin,  moitié... moitié

 

Amédée : et comment ils se le birent Aignan et Clovis avec cette chaleur ?

 

Adhémar, passant un doigt dans le col de son polo "hé bien c'est à dire, j'ai fait climatiser la maison, il y fait très bon"

 

Désirée : hé bé, tu t'en fais pas toi au moins. La crise n'est pas passée partout

 

Adhémar : ça suffit Désirée ! je travaille, j'ai le droit à un minimum de confort et vous feriez mieux de la fermer ! j'ai ouï dire dernièrement que vous jacassiez sur les allées et venues de Perrette et ....                

Amédée, mort de rire "JE VOUS DEMANDE DE VOUS ARRETER.." tè, ça me fait penser à l'autre

 

Adhémar prit son air le plus hautain, tourna les talons puis se retourna pour leur dire que  son cousin Louis le fermier, allait leur apporter le lendemain trois boules de foin à chacun et quelques bottes de paille. Il n'était pas très aimable ce cousin mais sous ses abords renfrognés, il était serviable comme le sont peu de gens.

 

Une fois parti, Désirée commença à leur raconter qu'elle avait vu Perrette aller deux fois chez le "génicologue", qu'Anselme avait bien failli faire un "infractus" et que Félicien avait eu bien mal à "l'instintin" après avoir mangé un plat cuisiné, toutes ces choses dont on a strictement rien à faire, surtout quand elles sont distillées avec du venin.

 

Amédée quant à lui raconta combien lui avait coûté d'aller à ce voyage du "CLUP" comme il dit (pour Club) au Benou (plateau du Benou dans les Pyrénées-Atlantiques). La montée jusqu'au plateau est toute en lacets et ils sont malades en car...

 

On leur a dit : journée pique-nique ! tu parles d'un pique-nique : encore du sauciflard, des chips, des tomates, du fromage de brebis et l'inévitable piquette. Il y a au premier plateau une petite chapelle avec un ruisseau qui serpente vers la vallée d'Ossau : les gens s'y trempent les pieds mais en amont, les troupeaux y passent, s'y abreuvent et Dieu sait ce qu'ils y font d'autre donc ça les rebute.

 

Félicien, l'heureux instigateur de cette journée, tente de les faire chanter "aqueres mountagnes"mais les voix sont si aiguës, fausses, basses, gueulardes, qu'il a fini par comprendre qu'il valait mieux se taire avant que quelqu'un ne se mette à hurler

Amédée et Gontran se sont mis chacun devant car ils sont malades en car : c'est pour ça qu'ils ne disent rien car chaque lacet leur provoque une remontée gastrique terrible.

 

Et derrière, les piapiateuses s'y font à délier leurs langues de vipère, commentant le teint pâle d'Arsène, les humeurs changeantes de Philomène, la colère de Perrette quand elles lui ont demandé si "elle attendait de nouveau"....

 

Amédée : blurp ! pucrain Gontran, tu les entends ces emmerdeuses ?

Gontran : il paraît même que Palilia elle a dit sur fassebouque qu'elle ne les supportait plus. Haou ! Emile ! tu peux pas faire plus attention quand tu tournes ? pucrain ! j'ai l'estomac tout à l'envers !

 

Amédée : ce fassebouque quand même c'est quelque chose : il paraît que si tu verrouilles pas bien ton profil, on peut tout voir

 

Gontran : et pourquoi ils se mettent de profil ?

 

Félicien, les ayant entendus, leur expliqua sommairement la chose et leur indiqua que le soir après le voyage, il les inviterait chez lui pour aller visionner LES SAIGNEURS.

 

Amédée : ah non non, tu ne vas pas en plus nous amener à la messe ?

 

Félicien : mais non, LES SAIGNEURS, c'est le film avec Véronique JANNOT et Claude GIRAUD !

 

Et c'est ainsi que s'était terminée la journée du CLUP. On ne les y reprit plus mais cela leur fit plaisir de revoir ce téléfilm "admirable" terme souvent employé par notre acteur préféré.

Amédée et Gontran : je vous demande de vous arrêter
Amédée et Gontran : je vous demande de vous arrêter

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Marie 01/05/2017 23:16

C'est si bien conté…