Publié par Palilia

Le Cavalier noir du manoir bavarois : bombance au château

Bonsoir à tous : bombance en ce vendredi 05 mai 2017. Le Cavalier noir du Manoir Bavarois est de retour. L'article est long mais j'ai mis des photos en guise de coupures.

 

Notre Karl va devoir démêler durant les mois qui viennent les tenants et aboutissants de châteaux dans lesquels ont disparu les clés des armoires à deux portes. Pas à trois ou quatre portes, non, à deux portes. Il se demande si ce ne sont pas des passages secrets fermés de l’intérieur comme ceux qu’empruntaient Maxime dans les Fiancées de l’Empire et Michel VITOLD qui cherchait d'où venaient les bruits à la lueur de sa bougie 

Le Cavalier noir du manoir bavarois : bombance au château

 

Mais pour l’heure il a réintégré ses pénates et, fort du retour de Hans et Jürgen ainsi que de Fanfanette et de Nade, il lui faut rouvrir une à une les fenêtres de son manoir qui avait fermé il y a peu.

 

Pattie avait encore oublié de mettre son réveil à l'heure : elle eut trois jours de mise à pied et cela ne lui faisait pas plaisir. Poucinelette n’était pas rentrée de sa verte Albion et il comprenait fort bien que ce ne devait plus être intéressant de venir lui faire de la purée deux fois par an. .. Il nomma Fanfanette chef-cuisinière et demanda à Nade d’abandonner son flûtiau pour se mettre à frotter les carreaux.

 

S’étonnant qu’il n’y ait sur mon blog pas de lecteurs-hommes qui commentent, Velofan allait être servie : ELLE ALLAIT LES SERVIR… TOUS… y compris l’Oncle Klöde qui arrivait ce soir pour la fête où l’on accueillerait Marie qui ne savait pas encore qu’elle allait être sacrifiée toute crue sur l’autel du repassage. Avec de bons vieux fers que l’on fait chauffer sur le fourneau… bon courage !

 

Et moi ? Hé bien je suis invitée, toute pressée que je suis que Karl m’explique une fois pour toutes comment il arrive à faire sauter un cheval par-dessus une barrière. Je suis bien allée sur internet mais ils emploient des termes tellement chevaleresques (chevalin c’est moins joli comme mot) que je ne comprends toujours pas comment ils font. Et les gens à qui je demande ne me répondent jamais alors que voulez-vous, je me drape dans ma dignité et je ronge mon chanfrein. Ce n’était pas le moment hier de poser la question, je n’y ai même pas pensé.

 

Et que l’on n’imagine pas que la seule façon de les faire sauter est le fouet comme ici Claude GIRAUD alias Philippe DE PLESSIS BELLIERES dans Angélique.

Le Cavalier noir du manoir bavarois : bombance au château

 

Karl avait décidé de laisser l’Oncle KLODE faire un petit discours sur le thème des « disparitions de fanettes » tout au long des dix dernières années et de célébrer les plus méritantes, celles qui continuaient à poindre leur nez, vaille que vaille. Chacun sait combien l’Oncle Klöde est doué pour le théâtre, nul doute qu’on allait se régaler.

 

Il avait également invité Amédée et Gontran à la fête car c’est certainement grâce à eux qu’il pourra à nouveau reprendre son chemin de détective équestre.

 

Tout était en place, tout se déroula merveilleusement bien : de Mathias à Philémon, d’Alceste à Coriolan, de Jorge à Raimund, tout le monde était là et applaudit le retour de Karl.

 

Briqués comme des sous neufs, les joues rouges et luisantes, la moustache affûtée, les pantalons presque neufs, Amédée et Gontran s’agitaient sur leurs fauteuils comme s’ils s’étaient assis sur un nid de fourmis rouges. Ils avaient faim.. très faim même depuis leur arrivée en calèche après s’être pelé douze heures de train avec un changement à Paris. Ils avaient bien essayé d’aller au wagon-restaurant mais le prix du café les avait fait reculer et le pain de leurs sandwiches s’était insinué dans leurs dentiers.

 

Amédée : Pét dé périgle : heureusement que l’Oncle Klöde et Karl parlent Français, sinon on aurait rien compris. Mais j’ai faim !!!!

 

Gontran : ça y est on passe à table. C’est bizarre l’allemand quand même, ça ne ressemble pas du tout à notre patois.

 

Amédée : oh tu l’as dit, tè regarde, on est placés à côté de Karl. Ouh, pucrain, quelle chance !

 

Les accordéons se mirent à jouer, la bière qu’ils n’aimaient pas coulait à flots et Gontran se mit à dire bien fort en se passant un doigt dans le col de la chemise « hé, ça serait possible d’avoir un peu de brusquet ? »

 

Morne plaine : le froid s’abattit sur la tablée… Point de Brusquet en Bavière, il devait se contenter d’eau s’il n’aimait pas la bière. Puis on leur apporta ceci…  

Le Cavalier noir du manoir bavarois : bombance au château

Sentant la sueur dégouliner le long de son dos, Gontran eut un haut le coeur.

Amédée : Biban ! Et c’est quoi ces bestioles ?

 

Karl, le sourire aux lèvres, la fossette creusant ses joues leur expliqua que c’était du crabe, des langoustines, des moules et des bulots… que c’était très bon pour la santé et qu’il avait pensé leur faire plaisir. Il se leva pour aller leur chercher des coupelles remplies d’eau avec des tranches de citron ainsi que des serviettes citronnées dans leur sachet.

 

Averti par Jürgen que son cheval hennissait fort, il quitta la table pour aller faire un tour aux écuries tout en leur disant de sa voie remarquable « mangez mes amis... »

 

Amédée : aououh pucrain ! Regarde les autres comment ils font, ils mangent avec les doigts ici.

 

Gontran : les malpolis ! En même temps, les servantes ont dit qu’on devait faire comme ça. Moi je m’en fous, tant qu’il est pas là, je croque tout et on n’en parlera plus.

 

Avisant une langoustine qui le regardait avec ses yeux en forme d’oeufs de lump, il l’attrapa par les pattes, arracha la tête et croqua dedans d’un seul coup puis faillit s’étouffer en l’avalant : « pét dé périgle, mais qu’elle est dure cette coquille ! »

 

Fanfanette étant chargée de les observer lui dit « mais monsieur Gontran, ça s’enlève la coquille, regardez comment font les autres ».

 

Gontran n’écouta pas et croqua tout sauf les pattes. Il en prit une seconde et fit de même avant de déclarer forfait. Il avait rempli sa part de contrat. (ceci est arrivé pour de vrai à quelqu’un que je connais)

 

Amédée quant à lui, regardait les bulots d’un air circonspect et quand il vit quelqu’un enlever cette limace de sa coquille et la tremper dans la mayonnaise, il eut un haut le coeur. Le teint blême et l’oeil révulsé il disait « je peux pas, non je peux pas ». Il mangea cinq moules, pas une de plus.

 

Fanfanette leur dit qu’ils pouvaient se rincer avec du citron ou utiliser les lingettes et, comprenant tout de travers (ceci est aussi arrivé pour de vrai à quelqu’un que je connais), l’un but la coupelle avec les tranches de citron, l’autre pressa la serviette rince-doigts comme un malade sur sa langoustine, tout en se plaignant qu’elle n’avait pas de jus…

 

Les gens gloussaient tout autour de la table mais nos deux compères s’en fichaient. Ils auraient préféré manger du poulet ou du canard avec une grande assiette de soupe. Ils décidèrent que tous ces sauvages ne méritaient pas qu’on leur rende réponse.

 

Karl revint des écuries, comprit le topo et demanda aux servantes de débarrasser la table afin d’apporter le plat principal : de la choucroute.

 

Devant leurs mines défaites et leur teint pâle, il leur proposa une pinte de bière qu’ils ne tenaient pas à boire et leur demanda s’ils avaient quelque chose. Passant par là, Fanfanette lui dit à l’oreille « je pense qu’il faut que vous leur demandiez s’ils ont une allergie, ça leur ferait une porte de sortie. J’ai prévu du riz et des saucisses, je les leur apporterai ».

 

Partant d’un éclat de rire, Karl dut aller s’essuyer les yeux derrière une armoire. Croyant qu’il se mouchait dans la serviette, Marie lui flanqua un coup de balai, peu encline à nettoyer la chose.

 

Il revint à table et leur dit tout simplement « vous êtes tout pâles, vous allez bien ? »

 

Amédée : oh, je crois que j’ai mal au ventre, il y a bien trop de choses à manger

 

Gontran : et moi j’ai la coquille qui remonte l’oesophage et cette odeur de choucroute me donne le tournis. Je crois que je vais m’arrêter là.

 

Karl leur expliqua qu’ils auraient tort car il avait prévu tout exprès de leur faire cuisiner du riz et des saucisses sous l’oeil ébahi de Fanfanette qui aurait bien aimé qu’il dise que l’idée venait d’elle.

 

Tant s’en faut ! Tout alla mieux tout d’un coup : ils trouvèrent l’eau délicieuse, mangèrent ce nouveau plat avec appétit, et prirent deux énormes parts de Bavarois pour terminer.

 

L’oncle Klöde fut invité à faire son discours : il remercia tout le monde, montra sa reconnaissance à son neveu Karl, à ses fidèles soubrettes ainsi qu’à moi qui les ai tous mis au monde sur ce blog avant de décliner les noms de toutes les personnes qui sont passées par là pendant dix ans. Il les nomma toutes même si on ne sait plus dans quel trou de souris elles se sont enfuies. Car en Bavière rien ne s’oublie, et surtout pas les bons moments.

 

Appelée sur scène, j’en profitai pour remercier les personnes qui ont continué vaille que vaille à venir commenter toutes ces aventures, ici ou sur facebook, personnes que l’on trouve dans les derniers commentaires comme dans les tout premiers .

 

Quelle aventure ! Mon Dieu oui, quelle aventure ! d’un coup de baguette magique, je renvoie Amédée et Gontran en Surdilandie où ils ne vont pas manquer de venir me raconter leurs histoires.

 

Je ne peux pas tout dire publiquement et je m’en garderai : mais vos témoignages font plaisir à tout le monde et surtout à Karl.

 

Allez, dansez mes z’amis, ce soir c’est la fête au manoir Bavarois.

Commenter cet article

sylvie 09/05/2017 19:54

Encore "super" mais cette fois-ci c'est pour l'auteur.

Marie 06/05/2017 12:12

Heu…moi le repassage, c'est pas trop mon truc… Je ne peux pas avoir un rôle, disons qui me rend plus proche du Cavalier noir ? Enfin, si c'est pour repasser ses chemises, je veux bien !!
Compliments, chère Palilia, pour ton imagination !!!

Palilia 06/05/2017 12:31

Non c'est moi qui choisis. T'as du bol, tauraist pu avoir les écuries à nettoyer. Ces histoires me donnent du fil à retordre

Fanfanette 05/05/2017 20:03

Et je suis bien heureuse d'avoir repris du service pour servir tous ces braves gens. La bière non la choucroute oui !

Marie 06/05/2017 13:08

Les écuries, beurk ! Et en plus, j'ai peur des chevaux !!!! Bon, je garde le repassage…