Publié par Palilia

Le cavalier du Manoir Bavarois : le portefeuille du baron

 

bonsoir Paliliandes bienaimés. Voici quelques nouvelles de Bavière et de son « admirable » Karl. Cet adjectif, si je le mets entre guillemets, c’est parce que c’est un adjectif couramment utilisé par Claude GIRAUD dans ses dédicaces ou ses conversations.

 

Pour les non habitués, Karl, le cavalier du manoir bavarois parcourt la Bavière toutes les nuits afin de dénouer les mystères des manoirs environnants. Je lui ai donné les traits et l’âge de Claude GIRAUD dans les COMPAGNONS de JEHU.

 

Bon revenons à nos moutons : voici que dans un manoir situé à 5 km de chez Karl, tous les soirs, mais alors vraiment tous les soirs depuis 10 jours, Franz, le baron, perd son portefeuille contenant ses papiers et une somme conséquente d’argent et que quelqu’un lui rapporte le lendemain le portefeuille qu’il a retrouvé dans des fourrés avec les papiers, mais pas l’argent.

 

Les ladres, les voyous, les voleurs !  Il faut être très sot cependant pour se faire piquer de l’argent tous les jours : sans argent, « on » n’aurait que faire de son portefeuille. 

 

Ca se passe toujours ainsi : il rentre de son travail de Notaire, ôte sa redingote, la suspend un peu n’importe comment à la patère du vestibule, jette son haut de forme sur une table basse, s’en va vers la vitrine, se sert un whisky, se met à table, se lève de table, se lave les dents, enfile ses vêtements de nuit et dort comme un sonneur de cloches au repos.

 

Karl prit la chose en main : embêté qu’il était d’avoir dû se cirer les bottes tout seul en attendant que Tulipette revienne de vacances, Nade n’étant pas non plus revenue de la transhumance, Poucinelette étant au placard depuis le jour de l’anniversaire de Claude Giraud, Velofan n’étant pas là pour l’instant et on pense à elle, Sylvie et Marie étant en pleine rentrée, il a dû se faire un sandwich saucisse-beurre… tout seul….

 

Hans et Jürgen, morts de rire derrière la fenêtre, le virent couper le pain maladroitement, y mettre la saucisse confite qu’il n’avait pas pris le temps de réchauffer, du beurre, un bon verre de bière et manger en faisant des grimaces. Tout a une « faim » dirait le jeu de mots. Sans serviteurs, les grands de ce monde sont bien piètres.

 

Qu’à cela ne tienne : il se dit que pour résoudre cette affaire il lui faudrait très certainement planquer toute une nuit dans un placard ou sous une table. 

 

Personne n’ayant pu m’expliquer à ce jour comment on faisait pour faire sauter un obstacle à un cheval (les gestes, quoi), que ce soit Gigi lui-même à qui je ne l’ai jamais demandé par oral, il faut lui rendre cette justice, Luigi le Laconique ou d’autres par messagerie, j’ai décidé ce soir de laisser le cheval à l’écurie….

 

Karl est vraiment puni en ce moment : vivement que les vaillantes soubrettes reviennent toutes en même temps pour remettre un peu d’ordre dans cette histoire. Il part dans la nuit, court à toute allure, prend appel sur son pied gauche et… saute la haie (ça au moins je sais comment on fait chez les humains) et arrive, hors d’haleine au manoir juste au moment où Franz le Baron enlève sa redingote.

 

Faisant en sorte de n’être point vu, il entre par une fenêtre encore entrouverte et se cache derrière un placard qui ressemble à un confessionnal.

 

 

Le cavalier du Manoir Bavarois : le portefeuille du baron

C’est incroyable la précision avec laquelle Franz lui a raconté ce qu’il faisait : jusque là rien d’anormal. Il guette le moindre geste, jusqu’au moment où Franz part se coucher.

 

C’est là qu’Heinrich et Ludwig, ses deux employés l’escortent jusqu’à la chambre, allument les lumières, ferment tous les battants de bois.

 

Jusque-là rien de terrible… au bout d’un moment, Franz ressort de sa chambre avec sa grande robe de chambre, repart vers le salon d’entrée, réouvre la vitrine, se re-sert un whisky et va s’accouder à la cheminée sur laquelle trône un énorme bouquet de mimosa.

 

Quelques flammes crépitent encore dans l’âtre quand tout à coup, il se met à éternuer très très  fort , à faire trembler les murs et à plusieurs reprises, lâche son verre qui se brise au sol, se baisse pour le ramasser en criant « ça, par exemple…. » avant de partir en hurlant à Ludwig qu’on veuille bien ramasser ce qu’il a fait tomber.

 

Ben oui, et comme il est méfiant, il a mis son argent dans le porte-feuille au cas où la banque ferait faillite ; le porte-feuille étant caché dans la poche décousue de sa robe de chambre, en se penchant, il est tombé par terre encore une fois et Ludwig n’aura plus qu’à tout ramasser pour se faire une provision de billets.

 

Si Karl savait que Franz était accro au whisky et n’était qu’à demi-étonné de voir qu’il se relevait pour en reboire une gorgée avant de dormir, ça n’expliquait pas comment Ludwig aurait pu savoir que ces éternuements se produiraient.

 

Oh, il savait qu’il éternuait très fort, se courbant presque en deux à chaque fois, mais comment pouvait-il savoir qu’il le ferait ces soirs-là ?

 

Karl suivit tout doucement Franz, l’écouta se coucher, n’entendit plus le moindre signe d’un éternuement. Il redescendit, vit que Ludwig nettoyait le tout en se frottant les mains, le vit prendre l’argent, ouvrir la fenêtre et donner le tout à une soubrette qui lui souffla « n’oublie pas d’enlever le vase sur la cheminée »…

 

Eurêka ! Les fleurs… Ouvrant le secrétaire du bureau de Franz, Karl trouva son dossier médical dans lequel était écrit qu’il était allergique aux lys et au mimosa. Ca lui avait paru bizarre aussi que l’on mette un bouquet de fleurs fraîches sur une cheminée allumée… les voyous, les cancrelats…. Il allait rentrer chez lui rédiger son rapport…. En courant et en sautant les haies en prenant appel sur son pied gauche…. Comme à l’aller.

Quand il rentra chez lui, il fut tout content : n'ayant pas regardé son courrier dans la journée, il avisa une carte postale de Tulipette qui lui disait "mon bon maître, nous revenons des Bains avec mon mari, n'ayez crainte, je serai là dès lundi pour vous servir". Ouf.... enfin une qui revient

Commenter cet article

Fanfanette 03/09/2017 20:07

En effet, les bains ont fermé et donc, je n'ai pas eu le choix et je suis rentrée. Me voilà prête à reprendre du service.

Nade 02/09/2017 09:45

Ah , ce cher Karl, hélas pas de transhumance pour moi cet été car des travaux dans la maison.

jeannette 31/08/2017 18:34

Coucou Nicole,ravie de lire à nouveau les aventures du cavalier.
Est-ce normal la répétition ??
Pour ce qui est de moi ,je pense que j'ai prit ma retraite et que je ne travaillerai plus chez Karl .

Palilia 01/09/2017 06:51

non, j'ai enlevé un morceau pour le mettre après la photo et j'ai dû faire copier au lieu de coller : c'est très chiant à faire sur ce site, je le corrige de suite